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Au début de chaque saison, l'équipe de LNH.com publie une série de prédictions audacieuses pour chacune des équipes. La plupart du temps, ces projections font sourciller les lecteurs, mais même si elles sont un peu « champ gauche », elles ont tout de même une chance minime de se réaliser. Contre toute attente, certaines de nos prédictions audacieuses sont devenues réalité par les années passées. Alors, les prédictions de cette saison sont-elles en voie de se réaliser après deux mois d'activités?

Voici un rappel des prédictions pour les équipes de la section Atlantique accompagnées d'une courte analyse.

Bruins de Boston

Hugues Marcil, pupitreur LNH.com : La production d’Elias Lindholm est en chute libre depuis ses 82 points en 82 matchs récoltés en 2021-22 avec les Flames de Calgary. Or, le joueur de centre suédois va rebondir cette saison – en grande partie parce que la chimie va enfin opérer entre lui et l’ailier David Pastrnak – et Lindholm amassera près d’un point par rencontre en 2025-26, alors que le compteur s’arrêtera à 80 points. Il fera mentir l’équipe de LNH.com, qui lui a projeté 47 points.

Philippe Landry, pupitreur LNH.com : Tout le monde voit Boston connaître une saison difficile après son exclusion du portrait des séries en 2024-25, mais pas si vite… Fidèles à leurs habitudes des dernières années, les Bruins surprendront les grands penseurs sportifs et feront partie de la danse du printemps, en grande partie grâce au rendement exceptionnel de Jeremy Swayman. Le gardien rebondira après sa saison en deçà des attentes de l’an dernier et frôlera le plateau des 35 victoires, en plus de terminer dans le top-5 de la Ligue au chapitre de la moyenne de buts alloués et du pourcentage d’arrêts.

Analyse : Les Bruins sont dans la course pour une place en séries éliminatoires, comme l’avait prédit Philippe. La troupe de Marco Sturm est présentement à un seul point de la dernière place de quatrième as donnant accès aux séries dans l’Est avec une étonnante fiche de 20-17-1. Et Swayman, lui, se dirige vers une saison de 30 victoires. Toutefois, même s’il connaît une bonne campagne, il est hors du top-5 de la LNH en ce qui a trait à la moyenne de buts alloués (2,91) et au taux d’efficacité (,901). Hugues, lui, ne faisait pas forcément fausse route en prévoyant un regain de vie de Lindholm, qui a récolté 23 points en 28 matchs, mais les neuf rencontres qu’il a ratées jusqu’à maintenant l’empêcheront sans doute d’atteindre le plateau des 80 points.

Sabres de Buffalo

Marcil : Jack Quinn va montrer à tous pourquoi les Sabres l’ont repêché au huitième rang en 2020. L’ailier va profiter du départ de JJ Peterka pour l'Utah afin d'occuper un rôle plus important et s’installer sur la première vague du jeu de puissance, et il va éclore en récoltant entre 75 et 80 points. Il sera deuxième pour les points, les points en avantage numérique et les tirs chez les Sabres, derrière Tage Thompson dans chacune de ces catégories.

Landry : Acquis par les Sabres dans la transaction qui a envoyé Peterka en Utah, Josh Doan disputera une première saison complète dans la LNH, et c’en sera toute une. Le gros bonhomme de 6 pieds 2 pouces et 198 livres profitera de responsabilités accrues offensivement, notamment en avantage numérique, et il s’approchera du plateau des 50 points.

Analyse : Autre morceau de robot pour Philippe, qui avait vu venir l’éclosion de Josh Doan. Ce dernier a notamment profité de la blessure à Josh Norris en début de saison pour devenir un incontournable au sein de l’attaque des Sabres. À ce rythme, il connaîtra une saison de 55 points. Jack Quinn connaît lui aussi la meilleure campagne de sa jeune carrière dans la LNH, mais il faudra attendre encore un peu avant de lui apposer l’étiquette de « bon deuxième » derrière Tage Thompson. Néanmoins, il se classe dans le top-10 de son équipe au chapitre des points (19, 6e), des points en avantage numérique (2, 10e) et des tirs (64, 5e).

BUF@EDM: Doan réussit un doublé en A.N.

Red Wings de Detroit

Marcil : Tout ce dont John Gibson a besoin, c’est d’un changement d’air. Les débuts du vétéran gardien de 32 ans avec les Red Wings seront fracassants. Il va facilement surpasser le plateau des 30 victoires pour la deuxième fois de sa carrière (31 en 2017-18) et il va terminer dans le top-3 du scrutin pour l’obtention du trophée Vézina. Les Red Wings seront des séries, en grande partie grâce à celui qui aura terminé dans le top-10 de la LNH pour la moyenne de buts alloués et le pourcentage d’arrêts.

Landry : Bien qu’il ait passé la majorité de la dernière saison à l’aile, c’est au centre que Marco Kasper évoluera cette saison. Avec les vétérans Patrick Kane et Alex DeBincat à ses côtés, Kasper aura l’air de tout sauf d’un fantôme. Le jeune homme de 21 ans franchira le cap des 40 passes et des 60 points à sa deuxième saison seulement dans la LNH.

Analyse : Les Red Wings connaissent un bon début de saison et sont présentement dans le portrait des séries, mais ce n’est ni à cause de Gibson ni à cause de Kasper. L’expérience Gibson, d’abord, s’avère mitigée. Le nouveau venu partage équitablement les responsabilités devant le filet avec Cam Talbot et il se dirige vers une saison de 24 victoires. Gibson affiche par ailleurs une moyenne de 3,01 buts alloués par match et un taux d’efficacité de ,891, loin du top-10 de la LNH. Kasper, lui, est l’une des plus grandes victimes de la guigne de la deuxième année. Auteur de 37 points à sa saison recrue, l’an dernier, l’Allemand ne compte présentement que cinq points en 37 matchs en 2025-26… et il évolue encore à l’aile, majoritairement.

Panthers de la Floride

Marcil : Le directeur général Bill Zito a le flair pour dénicher des défenseurs qui passent sous le radar, mais qui livrent la marchandise – pensez à Oliver Ekman-Larsson (2023-24) ou à Nate Schmidt (2024-25). Jeff Petry sera le prochain à s’ajouter à cette liste. Grâce à du temps de jeu sur la deuxième vague du jeu de puissance et à beaucoup de profondeur en attaque devant lui, le vétéran de 37 ans va s’approcher du plateau des 35 points et valoir son pesant d’or pour les poolers qui sont dans des ligues avec beaucoup de profondeur.

Landry : Avec un trophée Conn-Smythe et un nouveau faramineux contrat de huit ans en poche, Sam Bennett devra composer avec des attentes plus élevées. Tous ceux qui espéraient le voir poursuivre son ascension offensive seront déçus. L'attaquant de 29 ans marquera à peine une quinzaine de buts et terminera la saison avec une récolte sous la barre des 40 points, en plus de terminer à nouveau avec le pire différentiel de son équipe, comme ce fut le cas la saison dernière (-15).

Analyse : Bennett n’a évidemment pas maintenu sa cadence d’un point par match des dernières séries, mais il est tout de même en voie de connaître une saison de 59 points, ce qui serait un sommet en carrière pour lui. Et pour l’instant, il affiche un différentiel positif de +4, loin d’être le pire de son équipe (-10 : Aaron Ekblad). C’est moins concluant pour Petry, qui affiche un total de six points et un différentiel de -2 après 34 rencontres. Il joue néanmoins le rôle de défenseur numéro cinq en Floride.

Canadiens de Montréal

Marcil : La première saison d’Ivan Demidov à Montréal aura l’effet d’un pétard mouillé. Sans joueur de centre stable, l’attaquant recrue peinera à produire de façon constante et à prendre son erre d’aller. Le compteur s’arrêtera à 42 points, et plusieurs poolers dans des ligues annuelles devront se résoudre à le libérer.

Landry : Au contraire, mon cher Hugues, non seulement Demidov va connaître une saison recrue remarquable, mais il va surpasser les attentes à son endroit. Rapidement, on le verra déloger Juraj Slafkovsky du premier trio, où il fera flèche de tout bois avec Suzuki et Caufield, en route vers une saison de 80 points et un titre du trophée Calder.

Analyse : La réponse se situera probablement entre celles de Hugues et de Philippe, dans la mesure où Demidov est en voie de terminer la saison avec 66 points. Demidov évolue uniquement avec Suzuki et Caufield en avantage numérique, mais il n’en souffre pas à 5-contre-5, car le joueur de centre Oliver Kapanen et lui ont développé une belle chimie sur le deuxième trio des Canadiens. Demidov aura toutefois fort à faire pour remporter le Calder. Le défenseur des Islanders de New York Matthew Schaefer (37 MJ : 9-15—24) connaît une première saison exceptionnelle, tout comme l'attaquant des Ducks d'Anaheim Beckett Sennecke, qui n'a récolté que deux points de moins que Demidov jusqu'ici.

SEA@MTL: Demidov force la tenue de la prolongation

Sénateurs d’Ottawa

Marcil : Brady Tkachuk ne sera pas la seule bête des ligues à catégories multiples à Ottawa cette saison. Il y en aura une deuxième avec Fabian Zetterlund. L’attaquant, acquis des Sharks de San Jose à la dernière date limite des transactions, va inscrire plus de 20 buts et 50 points, il décochera plus de 200 tirs et il prendra le deuxième rang derrière Tkachuk avec plus de 150 mises en échec.

Landry : David Perron a été limité à seulement 43 matchs et 16 petits points à sa première saison avec les Sénateurs en 2024-25, mais n’allez pas penser que le vétéran ne peut plus contribuer offensivement. Le Québécois sera de retour en force cette saison et amassera plus de 40 points. Surtout, il sera un élément indispensable en avantage numérique, alors qu’il inscrira une douzaine de buts sur le jeu de puissance pour éclipser sa marque personnelle en carrière à ce chapitre.

Analyse : Zetterlund rend de fiers services aux Sénateurs cette saison, mais son impact ne se fait pas autant ressentir dans les pools à catégories multiples que Hugues le prédisait. Le Suédois devrait effectivement terminer la saison avec plus de 150 mises en échec (rythme de 155), mais il devra mettre les bouchées doubles s’il espère se rendre à 50 points (rythme de 20 buts, 36 points et 150 tirs). Perron offre un plus grand apport offensif que son coéquipier et devrait s’approcher du plateau des 40 points, cible établie par Philippe en début d’année. Le rythme actuel de Perron lui permettrait de terminer la saison avec 46 points, mais seulement sept buts en avantage numérique, lui qui évolue sur la deuxième vague de son équipe lorsque tout le monde est en santé.

OTT@CBJ: Perron frappe le disque du revers pour marquer

Lightning de Tampa Bay

Marcil : Anthony Cirelli vient de connaître la meilleure saison de sa carrière pour les buts (27), les passes (32) et les points (59), et ceux qui croient qu’il ne pourra jamais faire mieux vont se mettre un doigt dans l’œil. Le joueur de centre va obtenir entre 65 et 70 points, et il franchira même le plateau des 30 buts grâce à un taux de conversion supérieur à 20 %. À la fin de la saison, son nom sera gravé sur le trophée Selke, remis au meilleur attaquant défensif de la LNH.

Landry : À 25 ans, J.J. Moser prendra son envol à sa deuxième saison à Tampa Bay. Le défenseur suisse ravira le poste de Darren Raddysh à la pointe sur la deuxième vague de l’avantage numérique et il se transformera en un excellent arrière à caractère offensif. Une saison de plus de 40 points est dans la mire de Moser.

Analyse : Moser connaît une saison agréablement surprenante, mais pas pour ses prouesses offensives. Le Suisse est le défenseur le plus employé du Lightning (21:43/match) et présente un différentiel de +24 après 34 matchs (6e rang LNH), mais il n’a obtenu que 12 points jusqu’ici. Darren Raddysh et Victor Hedman, lorsqu’il est en santé, continuent d’être les principaux défenseurs offensifs du Lightning. À l’image de Moser, Cirelli accomplit du solide boulot dans son territoire, mais il est peu productif jusqu’à présent. S’il dispute tous les autres matchs de la saison et qu'il maintient son rythme actuel, il terminera celle-ci avec 48 points, dont 24 buts. Son taux de conversion est de 16,9 % présentement. Un trophée Selke dans la mire, peut-être, mais pas 70 points.

Maple Leafs de Toronto

Marcil : Sans un fabricant de jeux d'élite comme Mitch Marner à ses côtés, Auston Matthews n’offrira pas une production à la hauteur de son rang de repêchage dans les pools. Pour la première fois depuis 2018-19, il produira à un rythme d’un peu moins de 90 points sur une saison complète. Il inscrira aussi 35 buts, un rendement considéré comme décevant pour un franc-tireur de sa trempe.

Landry : L’adaptation a été très difficile pour Scott Laughton lorsqu’il est passé des Flyers aux Maple Leafs, l’équipe de son enfance, à la date limite des transactions 2025. Il n’a inscrit que quatre points en 20 matchs de saison régulière, avant d’ajouter seulement deux passes en 13 rencontres éliminatoires. La période de transition étant maintenant derrière lui, Laughton retrouvera ses aises et atteindra le plateau des 20 buts pour la première fois de sa carrière.

Analyse : Hugues s’attendait déjà à peu de Matthews, mais voilà qu’il obtient encore pire. S’il maintient son rythme actuel et qu’il dispute tous les autres matchs des siens cette saison, Matthews terminera celle-ci avec 56 points (34 buts, 22 aides) seulement. Blessé au bas du corps en match préparatoire, puis une autre fois en novembre, Laughton n’a disputé que 18 rencontres et n’inscrit que quatre buts jusqu’à maintenant cette saison. Si on transpose cette récolte sur 82 matchs, Laughton se retrouve avec un total de 18 buts, près de la cible établie par Philippe. Mais l’échantillon est mince, évidemment.